Thérapie auriculaire
et lavage émotionnel REM ®: nouvelles frontières
de la psychologie dynamique.
Osvaldo Sponzilli
Directeur du Département d’acupuncture de l’Hôpital
San Pietro à Rome (Italie) et professeur d’Acupuncture
à l’Université Tor Vergata de Rome
Enza Carifi
Enseignant de psychodynamique émotionnelle et relations humainesMots
clés: Thérapie auriculaire, Lavage émotionnel
Après de longues années
d’expérimentation, les auteurs ont testé une série
de points auriculaires ayant une valeur émotionnelle et qui
sont en mesure, s’ils sont stimulés pendant un type donné
de respiration, de faire réapparaître d’anciennes
émotions congelées dans la mémoire cellulaire
et donc responsables de blocages énergétiques qui conditionnent
la vie de l’individu. En d’autres termes, une émotion
bloquée et congelée à un certain moment de la
vie du patient peut bloquer un détroit musculaire et altérer
les transmissions énergétiques et nerveuses. Chaque
fois que le patient se retrouve dans des situations qui lui rappellent
l’événement passé et oublié, le
noyau de l’ensemble congelé s’amplifie et le déséquilibre
augmente alors en exponentielle. La stimulation de ces aires congelées
dans leur projection auriculaire associée à la respiration
circulaire aboutit à la libération de l’ensemble
et à une remise en activité énergétique
et fonctionnelle.
C’est donc au niveau auriculaire qu’ont été
mises en évidence les aires relatives au contrôle et
au jugement, à la colère, au ressentiment, à
des situations mal digérées et mal reçues, à
des deuils, à des séparations affectives, et ainsi de
suite. La technique appelée Lavage émotionnel REM©
a été illustrée dans des livres, des articles
et des commentaires parus en Italie. Dans l’univers, tout est
énergie et information ; même notre façon de penser
est énergie et information, et donc nous voyons dans le monde
ce que nous voulons voir, c’est-à-dire le reflet de notre
schéma énergétique.
En d’autres mots, le corps humain, ainsi que les cellules qui
le composent, renferment un ensemble d’informations énergétiques
sur tout le vécu, de la naissance jusqu’à l’âge
présent, qui conditionne la façon de se positionner
par rapport aux autres et les évènements que le patient
attire inconsciemment dans sa vie.
Un rôle fondamental est joué dans ce mécanisme
par les émotions, qui sont la manière à travers
laquelle le patient vit son corps. L’émotion la plus
importante est sans nul doute la peur, acquise comme information à
la naissance et même dans certains cas lors de la grossesse.
Ainsi, la première respiration du nouveau-né peut être
considérée comme la « mère de toutes les
émotions », car c’est à ce moment qu’a
lieu le premier grand changement qui conditionne tout l’avenir.
L’enfant, à la naissance, se détache de sa mère
et subit divers traumatismes, de la coupe du cordon ombilical au passage
dans un environnement nettement plus froid que l’environnement
utérin, au contact avec des mains rudes sur sa peau délicate,
à la première respiration qui constitue sans aucun doute
un trauma en raison de l’écoulement alvéolaire
et de l’émergence de vie ou de mort que la respiration
représente symboliquement. Ce n’est d’ailleurs
pas un hasard si, à partir de ce moment, toute peur, ainsi
que toute autre émotion, est directement liée à
la respiration.
Nous bloquons notre respiration lorsque nous sommes anxieux, nous
accélérons la respiration et le battement cardiaque
lors des crises de panique, nous inspirons et ne réussissons
plus à expirer lors des crises d’asthmes au cours desquelles
nous demandons de l’amour et ne savons en donner.
Il y a, à chaque fois que la peur, la colère, le ressentiment
ou la tristesse sont bloqués dans notre corps, une congélation
de l’émotion dans le schéma bioénergétique
qui altère les informations au niveau du système nerveux.
Quand le patient se retrouve dans des situations qui lui rappellent
l’événement passé et oublié, , le
noyau de l’ensemble congelé s’amplifie et, en conséquence,
le déséquilibre augmente de manière exponentielle.
On comprend alors combien le vécu émotionnel inexprimé
forme autour de nous une cage qui nous fait toujours tomber dans des
situations existentielles semblables, parce que nous attirons des
personnes, ou des évènements, qui nous confirment le
schéma énergétique que nous avons construit autour
de nous.
L’altération du schéma énergétique
informatif advient à différents niveaux, au niveau énergétique
évidemment, mais aussi à celui du système nerveux
et de la cuirasse musculaire. Le corps en effet mémorise ces
noyaux congelés en altération des chaînes musculaires
pour lesquelles la stimulation de certains points donnés est
en mesure d’activer le signal congelé et de le décongeler.
Les niveaux de blocage sont nombreux : on peut les imaginer comme
des anneaux qui entourent le corps dans l’intention de freiner
l’écoulement libre de l’énergie. La localisation
de ces anneaux va du haut vers le bas: au niveau oculaire, mandibulaire,
du cou, des épaules, du thorax, du diaphragme, de l’abdomen
et du pelvis.
Nous avons appris après des années d’expérimentations
à déceler directement ces blocs sur le pavillon auriculaire
et à les stimuler avec des aiguilles d’acupuncture ou
avec un massage en spirale effectuée en même temps qu’une
technique respiratoire dérivée du pranayama que le patient
effectue pendant 40 minutes environ. La respiration a lieu avec la
bouche en inspiration et expiration, car on se connecte à travers
la bouche plus facilement au cerveau intestinal, siège des
émotions primaires; il n’y a qui plus est aucune pause
entre inspiration et expiration et c’est pourquoi cette respiration
est définie circulaire, consciente et liée. Cette façon
de respirer en manière continue pendant 40 minutes, sans accélérations
ni hyper-ventilations, favorise la décongélation de
ces vieilles émotions congelées dans le corps qui ont
jusqu’alors conditionné le flux libre de l’énergie
et donc la personnalité du patient.
La stimulation contemporaine des aires musculaires bloquées
au niveau auriculaire, qui se mettent en action pendant la respiration,
permet un blocage complet accompagné souvent d’une prise
de conscience de l’émotion congelée et de l’événement
qui y est lié. Une peur, ou une autre émotion bloquée,
advenue à trois ans n’a plus par exemple aucune raison
d’exister à l’âge adulte, mais seul le fait
de la voir pendant la respiration et la stimulation nociceptive permet
le détachement de cette information du schéma corporel.
Les points auriculaires deviennent positifs au cours notamment de
la respiration circulaire et doivent être stimulés au
fur et à mesure que la séance se déroule. Cette
technique que notre groupe d’études et de recherches
a appelée Lavage émotionnel REM ® ouvre de nouvelles
frontières en psychologie dynamique et permet de se libérer
de la cage de peur relationnelle que tout individu se construit de
manière cachée ou manifeste, et permet donc à
l’individu de retrouver sa personnalité et son bonheur
intérieur.
Cette recherche de positivité des points advient selon une
succession qui va du lobe vers la fossette naviculaire.
Le premier segment qu’il faut traiter est le segment oculaire,
à savoir l’espace comprenant les yeux, le nez et les
oreilles.
Des yeux inexpressifs, la rigidité des paupières, du
front et du cuir chevelu, la fixité des parois du nez, la difficulté
à pleurer, l'impossibilité d’ouvrir en grand les
yeux ou de suivre un objet en mouvement, la protrusion des globes
oculaires, donnent la sensation d’un masque: telle est la caractéristique
du blocage du segment oculaire.
Le segment oculaire est lié de façon énergétique
aux méridiens du cœur et de la vésicule biliaire.
L’énergie du cœur fait des yeux des organes de contact
animique, et la vésicule biliaire caractérise l’agressivité
du regard, où le mot agressivité signifie regard qui
se tourne vers le haut.
Un certain degré de cuirasse oculaire est pratiquement présent
chez tout le monde et quand il s’aggrave, des phénomènes
psychotiques peuvent naître.
Le blocage du segment oral est directement lié au maintien
des sons et des pleurs. L'input au fait de pleurer sans pouvoir s’arrêter
demande cependant la présence des trois premiers segments,
voire des quatre. On trouve par contre le segment abdominal dans les
sanglots. Il faut donc, pour redonner au patient la possibilité
de sangloter ou de pleurer, libérer plusieurs éléments.
Les points auriculaires relatifs aux deux premiers segments sont localisés
dans le lobe.
Le troisième segment est le segment cervical , qui comprend
les muscles du cou, en superficie et en profondeur, et la langue.
Le cou peut être considéré comme le baromètre
de niveau général de stress ; en effet, c’est
le médiateur des conflits entre la tête et le cœur,
c’est-à-dire entre les pensées et les émotions.
Ce segment est lié au chakra de la gorge et donc à la
libre expression de la propre personnalité. Il retient la colère,
la tristesse et la peur ; et, de fait, ses émotions sont souvent
réprimées avec un durcissement du cou, ce qui bloque
l’énergie provenant du cœur. D’où un
aspect altéré, à savoir de détachement
émotionnel par rapport à son corps. Il est fréquent
d’observer comment les émotions sont littéralement
avalées. Le « nœud à la gorge » n’est
rien d’autre que des larmes et de la tristesse concentrées
en ce point et ne demandant qu’à sortir. Là-encore,
le fait de vomir rend la cuirasse moins dure et permet aux émotions
de sortir.
Le quatrième segment comprend les muscles des épaules
et de la ceinture claviculaire. Les points auriculaires concernant
les troisième et quatrième segments sont localisés
à la fin de l’hélix, dans la première partie
de l’antitragus et dans la fosse scaphoïde inférieure.
Les épaules sont des intermédiaires entre les forces
émotionnelles du thorax (chakra du cœur) et l’expressivité
des bras, des avants-bras et des mains.
C’est à ce niveau que se bloquent les émotion
produites dans le chakra cardiaque.
La dureté et la contraction des muscles des épaules
est très fréquente lorsqu’il s’agit d’indiquer
un sens de responsabilité ou d’insécurité
envers ses propres responsabilités : un poids que l’on
porte sur les épaules.
Le mouvement libre du thorax fait comprendre que l’on est vivant.
Tel est le chakra du cœur où s’exprime la passion
et la compassion.
Le blocage de ce segment peut advenir à travers de mauvais
traitements traumatiques, des frustrations en amour ou un manque de
confiance de la part des parents.
Si le segment est bloqué, le thorax apparaît alors presque
toujours en position d’inspiration, sans possibilité
d’une expiration totale et naturelle. Les muscles intercostaux
sont contractés, ceux du dos et des omoplates douloureux, contractés
et hyper-sensibles. La personne, dans cette situation, semble froide
et distante des évènements. Les manifestations typiques
sont alors des mains froides et en sueur, un manque de sensibilité
aux tétons, une hypertension, de l’asthme, des palpitations,
une angoisse cardiaque avec tachycardie et extrasystoles, une tendance
aux maladie broncho-pulmonaires .
Les émotions retenues sont: des pleurs déchirants, un
désir ardent, une colère sauvage, qui cachent la douleur
et la tristesse.
Le rire stimulé par chatouillements peut aider la libération
de ce segment.
Le sixième segment est le diaphragme, localisé dans
l’oreille au niveau du début de l’hélix.
La respiration diaphragmatique est associée à la relaxation
et au reflex orgasmique. La contraction de ce segment est liée
à l’angoisse et à la peur de perdre le contrôle,
notamment du point de vue sexuel.
Si le mouvement diaphragmatique est bloqué, le fonctionnement
des organes qui y sont liés de manière énergétique
(estomac, foie, plexus solaire) est compromis. Qui plus est, le blocage
de ce segment peut produire des lordoses de la colonne vertébrale.
Le réflexe de vomir, provoqué par la pression sur la
langue, libère non seulement le cou mais a aussi une action
sur le diaphragme.
Le septième segment est le segment abdominal, dont le blocage
est dû à la contraction en spasmes des grands droits
antérieurs et des tranverses et, derrière, à
l’insertion basse du grand dorsal et des muscles qui lui sont
proches. Les points auriculaires qui lui correspondent se trouvent
dans la conque supérieure. Les muscles sont souvent noués
et fort sensibles. Cette tension est liée à la peur
d’éprouver quelque chose, notamment les sensations sexuelles,
et elle bloque en effet les organes génitaux. S’il y
a dans ce segment une stase énergétique, la tendance
est alors d’arriver rapidement à l’orgasme. Ce
segment est touché dans les sanglots. Le déblocage du
segment ne présente pas de grosses difficultés puisqu’un
massage avec mouvements circulaires dans le sens des aiguilles d’une
montre suffit.
Le huitième et dernier segment comprend pratiquement tous les
muscles du pelvis, les fesses, l'anus, les organes génitaux
et les membres inférieurs. Ce segment est représenté
dans la conque supérieure et dans la fossette naviculaire.
Toute pathologie touchant les organes de ce segment est le résultat
d’un blocage chronique. En cas de blocage, le bassin semble
rigide, sans vie, avec une diminution des sensations sexuelles, et
notamment insensibilité du pénis, du vagin et parfois
hypersensibilité de l’urètre. Pour relaxer le
pelvis, il suffit de contracter et de relâcher de façon
répétée le revêtement pelvien.
Les fonctions énergétiques liées à ce
segment sont le gros intestin avec l’évacuation et les
reins et la vessie avec la miction, ainsi que les membres inférieurs
qui, avec le pelvis, contribuent à la perte d’énergie.
Les genoux noués sont en effet associés au sentiment
de peur et d’insécurité, et la tension des jambes
peut être liée au désir de s’échapper
d’une situation désagréable ou de la tentative
inconsciente d’arrêter un changement.
Du point de vue de l’émotion, ce segment peut contenir
la répression d’une angoisse œdipienne et une colère
sadique de type anal (écrasante) ou de type phallique (pénétrante
ou pulsante).
Dans chaque partie du corps, « le plaisir inhibé se transforme
en colère ». Un plaisir sexuel sain ne peut être
ressenti tant que la cuirasse pelvienne résiste. En raison
du contenu émotionnel et énergétique élevé
qui y sont retenus, le segment pelvien est d’habitude traité
en dernier. Dans ce segment, un organisme chroniquement bloqué
n’est pas en mesure de métaboliser de façon adéquate
l’apparition à l’improviste de cette énorme
quantité d’énergie si on ne lui permet pas de
s’adapter petit à petit à cette augmentation bio-énergétique.
Ce que l’on ne peut obtenir qu’avec le déblocage
graduel des différents segments selon un ordre qui va du premier,
le segment oculaire, au huitième et dernier. Une telle procédure
n’est pas arbitraire, mais suit la direction du flux énergétique.
Si le pelvis était traité prématurément,
l’énergie pourrait se heurter tout de suite avec le segment
oculaire, qui ne serait pas en mesure d’intégrer toute
cette énergie émotionnelle. |